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Date : 18-11-2025 22:17:40
Violences policières: derrière l'IGPN, l'opacité des enquêtes locales dénoncée par une ONG
Paris. Paris - Dénonçant un système où "ce sont les potes" qui enquêtent sur leurs propres collègues, Vanessa Langard, le visage brisé par un tir de LBD, incarne l'opacité des "trous noirs" administratifs épinglés mardi par Flagrant déni: selon cette ONG, la majorité des dossiers échappent à la "police des polices".
Par AFP
Publié le 18/11/2025
Extraits :
attention médiatique et politique se focalise souvent sur l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Pourtant, selon ce rapport basé sur des données inédites, l'inspection nationale ne traite qu'environ 10% des enquêtes pénales visant des policiers.
Ces 90% restants atterrissent sur les bureaux de services de police judiciaire classiques ou de cellules de déontologie départementales. Ces structures, dont l'appellation varie d'une ville à l'autre, sont décrites par l'ONG comme des objets administratifs non identifiés.
Le problème soulevé n'est pas seulement l'opacité, mais la hiérarchie. Ces cellules sont placées sous l'autorité directe des Directeurs départementaux de la police nationale (DDPN).
Sur le plan vertical, le supérieur hiérarchique du policier qui fait l'enquête est aussi le supérieur du policier mis en cause, dénonce Lionel Perrin, soulignant une situation interdite par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Cette proximité organique entre enquêteurs et enquêtés a des conséquences judiciaires lourdes, selon les acteurs de terrain.
C'est une machine à valider, à justifier, à blanchir les policiers, tranche Me Mohamed Jaite, président de la section parisienne du Syndicat des avocats de France (SAF).
Pour l'avocat, si l'enquête initiale est biaisée, la suite est compromise : Le juge, par la suite, ne fait que valider ce qui a été fait par les policiers.
Le rapport établit une corrélation entre cette organisation et l'efficacité des investigations. Alors que le nombre d'affaires de violences impliquant des dépositaires de l'autorité publique a augmenté de 59% depuis 2016, le taux d'élucidation a chuté de 25%.
L'autorité judiciaire est deux fois moins capable de retrouver les auteurs quand il s'agit de policiers que pour d'autres types de délinquance, pointe Lionel Perrin.
Pour les victimes, la réalité des chiffres se traduit par un parcours du combattant. Mélanie N'goye-Gaham, blessée en 2019 lors d'une manifestation, déplore pour sa part une enquête IGPN qui a donné zéro, alors qu'une juge a par la suite identifié deux tireurs dans le même dossier.
Recevoir un classement sans suite, c'est un deuxième coup, témoigne-t-elle.
La balle est dans le camp parlementaire, conclut Lionel Perrin, qui appelle à une commission d'enquête pour aboutir à une loi créant un organe de contrôle totalement indépendant.
Présent dans la salle, le député LFI Abdelkader Lahmar a salué cette libération de la parole sur un sujet où les victimes étaient complètement invisibles il y a 40 ans, se disant prêt à creuser la piste législative.
https://www.lexpress.fr/societe/violences-policieres-derriere-ligpn-lopacite-des-enquetes-locales-denoncee-par-une-ong-X6SBWFACZBG25DVDDCWFCLYGII/?cmp_redirect=true
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