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Date : 24-09-2025 17:41:19
*** Mer et Soleil ***
La mer était très calme et semblait un drap gris,
D’une uniformité tristement monotone ;
Aucune houle ou vague y dessinait des plis ;
Nul bruit ne s’échappait du lourd silence atone.
Le temps se succédait à lui-même, hors du temps,
Et l’absence de ciel enveloppait de vide
La vie inerte et pâle aux mille oiseaux absents
De cette mer qui meurt montrant son teint livide.
Sur cette morne plaine à l’horizon diffus
Le dôme noir céleste enfoui dans les étoiles
Lentement s’éclaira par des reflets confus
D’un étrange rayon jamais vu sur des toiles.
Puis tandis que la mer soulignait l’horizon
Un nuage naquit sortant de l’invisible
Enflammant ses contours : un magique tison
Avait dû le toucher pour que ce soit possible.
C’est alors qu’apparut le disque lumineux :
Le Soleil, tout là-bas, semblait rouler sur l’onde
Caressant d’un rayon les flots peccamineux,
Et l’on vit tout d’un coup changer ce morne monde.
La mer étincelait, devenant le miroir
De l’astre qui montait en offrant son sourire
Dans un ciel éclairci sans aucun angle noir ;
Le silence déjà commençait à bruire.
Mouettes et cormorans, au nombre d’un millier,
Envahirent les airs, remplissant l’atmosphère
De leurs chants en plein vol, tout heureux de crier
Pour exprimer leur joie envers l’astre aurifère.
Le flot depuis ce jour, ainsi qu’un cœur qui bat,
Se balance au rythme de sa nouvelle vie,
Débordant de chaleur par l’amour qui s’ébat
Entre l’astre et la mer sous la voûte infinie.
Or, j’étais cette mer à la vie en sommeil,
Homme laid, triste et morne, une petite chose,
Lorsque tu m’apparus, magnifique Soleil,
Et grâce à toi je vis une métamorphose !
Extrait de: Oaristys à Marie
*** Guy Hugues Bellem ***
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