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30/06/2026
Un million de nouveaux millionnaires… pendant que l’économie réelle s’effrite
Alors que les faillites d'entreprises se multiplient, que les conflits géopolitiques pèsent sur les finances publiques et que le pouvoir d'achat reste sous pression dans bon nombre de pays, le dernier rapport mondial sur la richesse d'UBS interpelle sérieusement. 2025, aura vu près d'un million de personnes devenir millionnaires en dollars, un record, porté par l'envolée des marchés financiers et la valorisation des actifs. Une performance qui contraste avec le quotidien d'une partie croissante de la population, celle qui travaille réellement.
Selon UBS, le patrimoine mondial des ménages a progressé de 10,8 % en 2025, soit la plus forte hausse depuis 2017. Plus de 57 millions de personnes disposent désormais d'un patrimoine supérieur à un million de dollars, tandis que le nombre de milliardaires continue éhontément d'augmenter. The Guardian souligne que cette progression a été largement alimentée par la flambée des valeurs liées à l'intelligence artificielle et des marchés boursiers.
Une prospérité affichée qui ne reflète pourtant pas l'état de l'économie réelle. En France, les défaillances d'entreprises sont passées à des niveaux historiquement élevés ces derniers mois, approchant les 70 000 procédures ces douze derniers mois d'après la Banque de France. Commerces et PME fragilisés par les charges, les crédits et une consommation en berne souffrent. Jamais l'écart entre ceux qui, à la sueur de leur front, créent de la valeur et ceux qui spéculent n'aura été aussi flagrant.
Le contraste est d'autant plus saisissant que plusieurs études montrent un essoufflement de la classe moyenne. Les travaux du World Inequality Lab rappellent que les gains de richesse profitent très largement au sommet de la pyramide patrimoniale tirant de ce fait par effet de levier les plus pauvres vers le bas. Les revenus et le patrimoine des catégories intermédiaires progressent beaucoup plus lentement, tandis que la concentration de la richesse continue de s'accentuer. Selon cette institution, les 0,001 % les plus riches détiennent à eux seuls un patrimoine supérieur à celui de la moitié la plus pauvre de l'humanité. Une absurdité de plus en plus criante qui ne fait qu'augmenter et qui nous mène vers la fin assurée d'un système.
Cette fracture nourrit un sentiment grandissant de déconnexion entre les performances des marchés financiers et les difficultés rencontrées par une partie grandissante de la population. Inflation persistante, coût du logement, dépenses contraintes, fiscalité et précarisation de certains emplois alimentent l'impression que la création de richesse ne bénéficie désormais qu'aux plus nantis et bien conseillés.
Le rapport d'UBS ne dit pas que l'économie mondiale est florissante, mais constate cruellement que la valorisation des actifs financiers et immobiliers a enrichi ceux qui en possédaient déjà. La hausse du nombre de millionnaires ne signifie donc pas une amélioration du niveau de vie de la majorité des ménages.
À l'heure où les gouvernements invoquent les contraintes budgétaires, où les conflits internationaux tentent de justifier des dépenses militaires toujours plus importantes et où les entreprises annoncent restructurations et fermetures, cette nouvelle photographie de la richesse mondiale pose tout de même une question quant à la croissance. Profite-t-elle encore à l'ensemble de la société, ou essentiellement à ceux qui possèdent déjà tout ?
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