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Date : 18-08-2026 14:53:23
"Que les riches paient l’addition climatique !"
[ Il y a quelque chose d’assez cocasse dans notre situation climatique. Pendant des décennies, on nous a expliqué que la croissance était merveilleuse, que consommer davantage rendait heureux et que produire toujours plus était la recette du bonheur collectif. Résultat : la planète chauffe, les glaciers fondent, les océans montent et les catastrophes climatiques deviennent presque aussi fréquentes que les promotions dans les supermarchés.
Et maintenant, on nous demande gentiment de faire des efforts : prendre moins la voiture, baisser le chauffage, trier nos déchets et éviter les avocats venus de l’autre bout du monde. Bref, chacun doit sauver la planète avec son petit sac en toile.
Le problème, c’est que tout le monde n’a pas participé de la même manière au festin.
Le capitalisme, dans sa version la plus débridée, a organisé une économie fondée sur une idée assez simple : produire, vendre, consommer, recommencer. Plus vite, plus loin, moins cher. Tant que les ressources semblaient infinies et que l’atmosphère servait gratuitement de poubelle, le système avait peu de raisons de se gêner.
Mais il serait tout de même curieux de présenter la facture à la caissière qui prend le bus pour aller travailler, alors que certains individus possèdent des jets privés, plusieurs yachts et des maisons chauffées à longueur d’année. Quand une poignée de personnes peut émettre en quelques heures autant de carbone qu’une famille modeste en plusieurs années, le principe du « chacun fait sa part » mérite au minimum une petite révision.
Faire payer davantage les plus riches ne serait donc pas une punition, mais une forme de logique comptable. Après tout, celui qui organise le banquet peut difficilement prétendre qu’il n’a rien à voir avec la vaisselle cassée.
Une fiscalité climatique fortement progressive permettrait de financer la rénovation énergétique, les transports publics, l’adaptation des villes, la protection des populations exposées et la transformation de notre système agricole.
Et puis, soyons honnêtes : demander aux plus modestes de financer la transition écologique avec leurs économies déjà maigres risque surtout de transformer l’écologie en sujet de dispute nationale. En revanche, taxer les grandes fortunes, les profits exceptionnels des entreprises très polluantes ou les consommations de luxe particulièrement carbonées permettrait de rendre la transition plus juste.
Bien sûr, le capitalisme n’est pas une créature à moustaches que l’on pourrait convoquer devant un tribunal. Il existe des entreprises innovantes, des investissements verts et des mécanismes économiques capables d’accélérer la transition. Mais si l’économie a longtemps privatisé les bénéfices tout en laissant les dégâts à la collectivité, il paraît raisonnable qu’elle contribue maintenant sérieusement à réparer les conséquences.
En somme, il ne s’agit pas de déclarer la guerre aux riches. Il s’agit simplement de leur rappeler une vieille règle : quand on a largement participé au dîner, on peut au moins avoir la décence de contribuer à l’addition. Et, cette fois, l’addition risque d’être salée. ]
Réseau citoyen Jean Moulin
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