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Date : 22-01-2026 22:41:06
"Ni un accident, ni un fait isolé" : un jeune de 17 ans d'origine syrienne agressé à Décines-Charpieu, le Conseil des Mosquées du Rhône réagit
Écrit par Marianne Leroux et AFP
Publié le 20/01/2026
Deux semaines après le meurtre d'un jeune maghrébin dans l'étang du Prin, à Loire-sur-Rhône (Rhône), pour lequel un homme de 21 ans a été mis en examen et écroué pour meurtre "en raison de la race, l'ethnie, la nation ou la religion", un jeune homme de 17 ans d'origine syrienne a été agressé ce lundi 19 janvier à Décines-Charpieu, dans la banlieue est de Lyon.
Vers 7h30, l'adolescent a été attaqué en bas de son immeuble par trois personnes, encagoulées et vêtues de noir, selon une source policière. D'après le parquet de Lyon, il a déposé plainte, et a affirmé qu'il avait eu les sourcils rasés et le visage lacéré par les agresseurs qui ont proféré des injures à caractère racial et religieux.
Selon une source policière, la victime, sans antécédents judiciaires, souffre de multiples plaies superficielles. Il s’est vu délivrer une incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours, précise le parquet. Une enquête a été ouverte pour violences aggravées par trois circonstances : en réunion, avec arme et en raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une race, ethnie, nation ou religion.
Depuis hier, cette violente agression a suscité des réactions. Dans un post Facebook, publié ce mardi 20 janvier, le Conseil des Mosquées du Rhône déclare que cette attaque n'est "ni un accident, ni un fait isolé, ni une dérive imprévisible". "Elle est le résultat direct d’un climat de haine construit, entretenu et banalisé", déplore Kamel Kabtane, président du Conseil. "Un enfant a été attaqué, insulté, rasé, lacéré, marqué dans sa chair parce qu’il est perçu comme arabe et musulman".
Le président du Conseil accuse notamment certains responsables politiques qui "désignent l’islam et les musulmans comme un problème à résoudre" et des médias qui "relaient sans distance des discours de peur, d’amalgame et de suspicion permanente". Il affirme avec gravité que "quand on laisse prospérer l’idée que les musulmans seraient une menace, certains se sentent autorisés à les humilier, à les frapper, à les terroriser".
Le Conseil des mosquées exige, à travers sa publication, que "le caractère raciste et anti-musulman de cette agression soit reconnu, que la justice agisse avec une fermeté exemplaire et que cesse immédiatement l’instrumentalisation politique de l’islam et des musulmans".
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