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Date : 15-02-2026 18:29:22
"Des menaces de mort de la fachosphère, j’en ai reçu des dizaines et des dizaines"
Chaque jour, les 35 000 maires que compte la France sont en première ligne pour répondre aux attentes des citoyens et les plus exposés à leur colère, qui prend parfois la forme de menaces de mort. Ces élus doivent aussi composer avec des financements publics en baisse et des contraintes administratives toujours plus importantes. Un casse-tête pour ces couteaux-suisses de la République, dont fait partie Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, au sud-est de Paris, depuis 2008.
Publié le : 15/02/2026
Par : Jean-Luc MOUNIER
"Des menaces de mort de la fachosphère, j’en ai reçu des dizaines et des dizaines"
Cette colère citoyenne peut aussi prendre la forme de menaces de mort dans des cas extrêmes. Romain Colas en a fait l’expérience quand l’inscription néo-nazie "SS Viking will kill Colas" a été retrouvée inscrite à la craie sur le parvis de la mairie, début 2023. "Des menaces de mort de la fachosphère, j’en ai reçu des dizaines et des dizaines", se rappelle le maire de Boussy-Saint-Antoine.
En la matière, rien n’égalera l’année 2016 pour le premier édile. Sa commune est alors dans l'œil du cyclone médiatique : trois femmes suspectées d’avoir voulu commettre un attentat à proximité de la cathédrale Notre-Dame à Paris sont interpellées dans le quartier de la Grange-aux-Belles. Romain Colas répond aux questions des médias, s’ensuit un échange musclé improvisé avec un "habitant notoirement facho d’une commune voisine", se souvient-il. "Dans la minute qui a suivi, on a reçu des mails et des fax à la mairie. Les premières menaces de mort de la fachosphère. On m’a notamment traité de ‘socialope’, ‘collabo’, ‘vendu aux Frères’, etc…"
"Tout cela ne m'a jamais fait peur", tranche l'élu. "J'avais plus peur pour mes proches que pour moi (sa famille a aussi été menacée de mort). Mais ces gens-là sont des lâches. Plutôt que me donner envie d'arrêter d’être maire, ils ont plutôt eu tendance à me motiver pour poursuivre ma mission."
En 2018, peu après son mandat de député, il dirige la campagne d'Olivier Faure dans le cadre du congrès d'Aubervilliers du Parti socialiste et devient son directeur de cabinet. Il accumule les charges de travail en plus de sa fonction de maire et "explose en plein vol", de son propre aveu. "J’ai fait un burn out en 2019 lié à plusieurs facteurs, notamment mon travail. J'avais pris des responsabilités, je faisais des semaines de 80 heures, je ne touchais plus le sol, je ne dormais plus. Et j'ai éclaté en plein vol", explique le premier édile.
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