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Date : 19-02-2026 20:16:23
Profil, déroulement des faits et suites judiciaires: ce que l'on sait de la mort de Quentin Deranque
La mort de Quentin Deranque, tabassé à mort par des militants antifascistes jeudi 12 février, a suscité un émoi national, jusque sur les bancs de l'Assemblée. La véracité des faits, première victime de l'émotion, a grandement pâti de l'intense récupération politique qui a suivi la mort du militant d'extrême droite. À l'heure actuelle, que savons-nous réellement de cette affaire ?
Publié le : 18/02/2026 - 19:12
Par : Jean-Baptiste Breen
Où en est l'enquête ?
Après sa mort, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet pour « meurtre », « association de malfaiteurs » et « violences aggravées par la réunion, l'utilisation d'armes par destination et la dissimulation du visage ». Depuis le 17 février, onze personnes ont été interpellées. Les gardes à vue (GAV) de neuf des onze personnes interpellées ont été prolongées, mercredi 18 février en début de soirée, a annoncé le parquet de Lyon : sept personnes sont toujours en GAV pour « homicide volontaire, violences aggravées » et « association de malfaiteurs en vue de commettre un délit », et quatre pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches ».
La plupart des interpellations concernent des membres considérés comme militants de l'ultragauche par la police. Certains suspects sont fichés « S » en raison de leur appartenance au groupe antifasciste lyonnais la Jeune Garde, fondé par Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse. Rapidement mise en cause par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez après la mort de Quentin Deranque, la Jeune Garde avait été dissoute par le gouvernement en juin 2025.
Parmi la liste des interpellés, Jacques-Elie Favrot, Robin C. et Adrian B. sont tous trois proches de ce même Raphaël Arnault et ont été placés en garde à vue. Le second avait été, un temps, le stagiaire du député, tandis que les deux autres figuraient parmi ses assistants parlementaires. Contacté par Le Monde le 16 février, l'avocat lyonnais Me Bertrand Sayn rapportait que Jacques-Elie Favrot démentait « formellement être responsable de ce drame ». Deux jours plus tard, mercredi 18, l'assistant parlementaire a reconnu, par l'intermédiaire de son avocat, « sa présence sur les lieux » et « la commission de violences » à l'encontre de Quentin Deranque. Il maintient « qu'il n'était pas l'auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque ».
Depuis le 12 février, le soutien affiché à plusieurs reprises par La France insoumise à la Jeune Garde est régulièrement utilisé par ses détracteurs et ses opposants politiques pour blâmer la formation de gauche pour la violence qui a conduit à la mort de Quentin Deranque. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, a appelé à ce qu'il n'y ait « plus jamais un député LFI au sein de l'Assemblée nationale », une déclaration soutenue par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a appelé LFI à « faire le ménage dans [leurs] rangs ».
Dans le même temps, les appels à la violence à l'égard de leurs militants et des suspects interpellés dans cette affaire se multiplient. Près d'une semaine après les événements, la tension reste palpable. Le 16 février, alors qu'aucune garde à vue n'avait encore été prononcée, Rafael Ferron, l'ex-conseiller du député Rassemblement national Philippe Schreck, demandait sur son compte X à ce « que la justice s'en charge : sinon d'autres s'en chargeront ».
https://www.rfi.fr/fr/france/20260218-profil-d%C3%A9roul%C3%A9-des-faits-et-suites-judiciaires-ce-que-l-on-sait-de-la-mort-de-quentin-deranque
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