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Date : 23-02-2026 11:00:32
« Communiste, anti-américain, antisioniste, antifasciste »… En Italie, l’extrême droite veut ficher les écoles selon leur orientation idéologique
En Toscane, des élus municipaux de Fratelli d'Italia suggèrent de répertorier les écoles en fonction de leur orientation idéologique supposée. Une tentative d’intimidation des enseignants et de mise au pas idéologique.
Publié le 22 février 2026
Lina Sankari
Le fichage est une vieille habitude dont les post-fascistes ne se sont jamais délestés. À Bagno a Ripoli, petite ville de 20 000 habitants, près de Florence (Toscane), les conseillers municipaux de Fratelli d’Italia, le parti de la présidente du Conseil des ministres Giorgia Meloni, ont proposé une motion visant à accoler aux noms des écoles des indications sur « l’orientation idéologique » des établissements.
Cette proposition, qui devra être discutée lors du prochain conseil, propose ainsi l’introduction de définitions telles que « politiquement aligné à gauche », « idéologiquement communiste », « favorable aux théories LGBT + et/ou woke », ou « anti-américain, antisioniste, antifasciste, anticatholique, antidémocratique ».
Selon les élus d’extrême droite, ces nouvelles dénominations doivent « permettre aux familles d’identifier, parmi les établissements scolaires, ceux qui sont les plus adaptés à l’orientation politique, sociale, sexuelle, culturelle et religieuse de leurs enfants ».
La proposition vise à intimider les enseignants à partir d’opinions politiques présumées et surtout à imposer une vision de la société réactionnaire dans le cadre de la bataille culturelle menée par les post-fascistes.
Des cours « fortement politisés » sur « l’orientation sexuelle »
Dans leur texte, les conseillers dénoncent des cours « fortement politisés » sur le « conflit israélo-palestinien », « l’orientation sexuelle » et « la politique américaine ». Selon les signataires, ces leçons constitueraient un « endoctrinement » qui pousserait certaines familles à transférer leurs enfants dans d’autres établissements, parfois en dehors de la commune. Qu’ils se rassurent, dès la prochaine rentrée scolaire, les élèves seront soumis à une réforme des programmes qui place religion et identité au centre des savoirs.
Le maire de la ville, Francesco Pignotti (Parti démocrate), a expliqué que cette proposition visait à ficher les écoles et les enseignants « tout comme à l’époque du fascisme » en les catégorisant en fonction de leur idéologie politique ou de leur orientation sexuelle supposée.
Dans son article 33, la Constitution italienne stipule pourtant que « l’art et la science sont libres, tout comme leur enseignement ». De son côté, la FLC CGIL de Florence, engagée dans la collecte de signatures pour la défense de l’école démocratique, dénonce : « Après Azione Studentesca (mouvement étudiant d’extrême droite, N.D.L.R.) à Prato qui voulait fichage des enseignants, c’est maintenant directement le parti de la première ministre Meloni qui voudrait fichage des écoles de la région ».
La motion portée par les élus de Fratelli d’Italia entre en cohérence avec la mise au pas de la jeunesse que le pouvoir n’hésite plus à criminaliser.
https://www.humanite.fr/monde/ecole/communiste-anti-americain-antisioniste-antifasciste-en-italie-lextreme-droite-veut-ficher-les-ecoles-selon-leur-orientation-ideologique
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