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519/555
Date : 01-09-2026 22:19:02
@ 517
Vous mélangez plusieurs choses qui n’ont juridiquement rien à voir........
et SURTOUT, votre chiffre de l’UNRWA ne démontre absolument pas ce que vous prétendez lui faire dire !!!
1. Le nombre de réfugiés enregistrés par l’UNRWA ne permet pas de réfuter un génocide.
Comparer 5,747 millions de réfugiés enregistrés en 2022 à 5,795 millions en 2025 ne permet absolument pas de conclure que les Palestiniens ne sont pas victimes d’un génocide.
Pourquoi ? Parce que l’UNRWA enregistre une catégorie administrative de réfugiés palestiniens et leurs descendants. Ce chiffre n’est ni un recensement de la population de Gaza, ni un bilan des morts, ni une mesure des déplacements forcés, des blessés, de la destruction des habitations, des infrastructures médicales et éducatives ou des conditions de survie.
C’est donc un chiffre administratif auquel vous faites dire quelque chose qu’il ne dit pas.
2. Et surtout, vous semblez ignorer ce qu’est juridiquement un génocide.
Un génocide ne signifie pas que « tout un peuple doit avoir disparu ».
La Convention de 1948 définit le génocide par des actes commis avec l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux.
C’est précisément pour cela que la Cour internationale de Justice a ordonné à Israël, dès le 26 janvier 2024, de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir les actes relevant de l’article II de la Convention sur le génocide, notamment les meurtres, les atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale et l’imposition de conditions de vie susceptibles d’entraîner la destruction physique du groupe.
La Cour a ensuite réaffirmé ces mesures et, le 24 mai 2024, a notamment ordonné à Israël de mettre fin à son offensive à Rafah dans les conditions précisées par son ordonnance et de permettre l’accès humanitaire.
3. Non, la CIJ n’a pas encore rendu son jugement définitif disant « Israël est coupable de génocide ».
Et je ne prétends pas le contraire.
Mais cela ne signifie absolument pas que parler de génocide serait une absurdité ou une invention de « l’extrême gauche ».
La CIJ a considéré que les droits invoqués par l’Afrique du Sud au titre de la Convention sur le génocide étaient suffisamment plausibles pour justifier des mesures conservatoires et qu’il existait un risque de préjudice irréparable. Elle a donc imposé des obligations précises à Israël dans le cadre de cette procédure.
Et depuis, une autre instance internationale est allée beaucoup plus loin.
Le 16 septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu qu’Israël avait commis et continuait de commettre un génocide contre les Palestiniens de Gaza. Elle a retenu quatre des actes constitutifs du génocide prévus par la Convention : meurtres, atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale, conditions de vie calculées pour entraîner la destruction physique du groupe et mesures visant à empêcher les naissances. Elle a également conclu à l’existence de l’intention spécifique de détruire, en tout ou en partie, les Palestiniens de Gaza en tant que groupe.
Et en juin 2026, cette même Commission a réaffirmé que le génocide se poursuivait, notamment concernant les enfants palestiniens.
Vous pouvez contester les conclusions de cette Commission. Israël les conteste d’ailleurs.
Mais prétendre que le mot « génocide » serait simplement une invention militante de l’extrême gauche n’est plus tenable factuellement.
4. Quant au Hamas et aux tunnels sous des infrastructures de l’ONU : oui, ces accusations doivent être examinées.
Le Hamas n’est pas exonéré de ses crimes parce que des Palestiniens sont victimes des opérations israéliennes.
Le 7 octobre 2023, le Hamas et d’autres groupes armés ont commis des crimes atroces, notamment contre des civils, et ont pris des otages. La CIJ elle-même a expressément demandé leur libération immédiate et inconditionnelle.
Mais votre raisonnement contient une erreur élémentaire :
les crimes du Hamas ne rendent pas licites les crimes éventuellement commis par Israël.
Si le Hamas utilise une école à des fins militaires, cela ne transforme pas automatiquement tous les élèves de cette école en combattants. Si un tunnel existe sous un bâtiment civil, cela ne donne pas un permis de bombarder indistinctement tout ce qui se trouve autour.
Le droit international humanitaire impose notamment la distinction entre civils et combattants, la proportionnalité et les précautions dans les attaques.
Donc « le Hamas a utilisé des infrastructures civiles » n’est pas une réponse à la question : les forces israéliennes ont-elles respecté leurs propres obligations en attaquant ces lieux ?
Ce sont deux questions différentes.
5. Et votre argument sur l’UNRWA ne répond toujours pas au fond.
Même en supposant exact chaque élément que vous citez sur le Hamas, cela ne réfute absolument pas les conclusions de la Commission d’enquête de l’ONU concernant les actes commis par Israël.
Vous faites exactement le même raisonnement que quelqu’un qui dirait :
« Le Hamas a commis des crimes, donc Israël ne peut pas commettre de crimes. »
Cela ne tient juridiquement pas une seconde.
Deux parties peuvent commettre des crimes. Condamner les crimes du Hamas n’oblige absolument pas à fermer les yeux sur ceux d’Israël.
6. Et puisque vous parlez de « régime colonialiste », regardons aussi ce que dit réellement la Cour internationale de Justice.
Dans son avis consultatif du 19 juillet 2024, la CIJ a conclu que la présence continue d’Israël dans le Territoire palestinien occupé était illégale, a constaté des violations du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et a ordonné à Israël de mettre fin à sa présence illégale dans le territoire occupé aussi rapidement que possible, de cesser immédiatement toute nouvelle activité de colonisation et d’évacuer les colons.
La Cour a également considéré qu’Israël conservait des éléments importants de contrôle sur Gaza et que son retrait militaire de 2005 ne l’avait pas totalement libéré de ses obligations découlant du droit de l’occupation, compte tenu notamment de son contrôle des frontières, de l’espace maritime et aérien et des mouvements de personnes et de marchandises.
Vous avez donc parfaitement le droit de défendre la politique du gouvernement Netanyahu........🤢🤮
Mais vous ne pouvez pas transformer vos opinions politiques en conclusions juridiques et prétendre ensuite que ceux qui vous contredisent sont simplement des militants d’extrême gauche.
Si vous voulez démontrer que le terme « génocide » est juridiquement infondé, il faut répondre aux éléments de preuve et aux analyses juridiques qui le soutiennent.
Le nombre de personnes enregistrées par l’UNRWA en 2022 et en 2025 ne suffit pas.
Les crimes du Hamas ne suffisent pas.
Et les emojis " " ne suffisent certainement pas.
Les faits et le droit, en revanche, méritent mieux que cela.
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