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Date : 17-12-2025 21:01:05
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15/12/2025
Le choc de l’Ariège : autopsie d’un basculement
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La rupture originelle : quand le sanitaire cesse d’être médical
Avant d’en arriver à ce qui s’est passé en Ariège, avant les blindés, avant les gaz et la violence, il est indispensable de poser d’abord le socle, car il existe un point de bascule fondamental que l’on refuse encore trop souvent de nommer. Ce basculement ne concerne pas l’agriculture en tant que telle, mais le détournement du sanitaire, passé d’un cadre médical rationnel à un outil politique de contrainte et de légitimation.
Pendant des décennies, un principe élémentaire faisait consensus dans le monde médical, humain comme vétérinaire : on ne vaccine pas en pleine épidémie. Ce principe reposait sur des réalités biologiques simples : un vaccin n’agit pas immédiatement, la réponse immunitaire nécessite du temps, et vacciner une population déjà exposée ou infectée est, au mieux, inefficace, au pire contre-indiqué. C’est pour cette raison que la vaccination a toujours été conçue comme préventive, jamais comme une réponse d’urgence à une épidémie en cours.
Ce socle médical a été rompu à partir de 2020.
Avec la gestion du Covid, une rupture conceptuelle majeure s’est imposée. La vaccination en pleine pandémie est devenue la réponse centrale, parfois exclusive, tandis que toute critique de cette rupture avec les principes médicaux établis était disqualifiée au nom de l’urgence, de la morale et d’une science instrumentalisée. Ce moment marque un précédent décisif : le sanitaire peut désormais s’affranchir de ses propres règles dès lors qu’il sert un objectif politique jugé supérieur.
C’est exactement cette logique qui est aujourd’hui transposée au monde agricole.
Lorsqu’un gouvernement affirme vouloir « vacciner près d’un million de bovins pour stopper la propagation » en pleine épizootie, il ne tient pas un discours vétérinaire, mais un discours politique. Comme lors du Covid, le vaccin devient un symbole d’action et un justificatif a posteriori, non un outil réellement protecteur.
Dans les faits, cette vaccination n’empêche pas les abattages, ne protège pas juridiquement les éleveurs, ne suspend aucune mesure coercitive et intervient après des décisions déjà arrêtées. Elle ne soigne pas : elle habille.
Comprendre ce glissement est indispensable pour saisir ce qui s’est produit ensuite. Car lorsque le sanitaire cesse d’être médical, il ouvre la voie à l’exception permanente, à la suspension du dialogue, puis, lorsque cela ne suffit plus, à la force. Nous assistons ici à la même mécanique que lors de la gestion du Covid, transposée à l’agriculture.
L’Ariège n’est donc pas le point de départ de cette histoire. Elle en est la révélation brutale, visible et irréfutable. Tout ce qui suit : violence d’État, mensonge public, rupture du pacte social, n’est que la conséquence logique de cette rupture initiale, dont le Covid a été le laboratoire et dont l’agriculture est aujourd’hui le terrain d’application.
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