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Date : 27-04-2026 15:30:06
« C’est pire que la dictature en Algérie » : pourquoi Boualem Sansal quitte la France
Bien qu’élu à l’Académie française en janvier, l’auteur franco-algérien a décidé de quitter le pays, dénonçant une « dictature de la pensée » menée par des « oligarques de bureau ».
Publié le 27 avril 2026
Anthony Cortes
Il y a quelque chose de tragi-comique à voir Boualem Sansal, égérie de réactionnaires qui ne cessent de vilipender ceux qui préféreraient la « tyrannie victimaire du wokisme » au patriotisme le plus strict, annoncer quitter la France au seul motif de n’être pas assez aimé. Ce samedi 25 avril, interrogé sur LCI, l’écrivain Boualem Sansal a annoncé sa décision de quitter le pays en maniant le verbe en toute élégance, en grand homme de lettres : « La France, c’est fini pour moi, il me reste quelques mois à tirer dans ce pays et je me tire ».
Auprès du Figaro, plus tard dans le week-end, l’écrivain de 81 ans, emprisonné pendant une année en Algérie pour délit d’opinion avant d’être libéré en novembre 2025 par les efforts de la diplomatie française, a explicité ses intentions. « Pourquoi rester en France avec toutes ces attaques que je subis matin et soir ?, s’interroge-t-il. Il faut que je m’évade. C’est pire que la dictature en Algérie. Ils sont en train d’exercer sur moi une dictature de la pensée, parce qu’ils veulent me faire taire. Ils veulent me faire peur. »
Ils ? « Les Français sont adorables. Moi j’ai l’impression que je fais presque l’unanimité, poursuit-il. Mais c’est le problème d’une poignée d’oligarques de la pensée, de petits dictateurs de bureau ». Un auteur si muselé qu’il a été élu à la quasi-unanimité, en janvier dernier, à l’Académie française. Devenant, de fait, un « immortel ».
Dernière recrue littéraire de Vincent Bolloré
Où qu’il aille, « en Belgique, en Suisse », comme il l’a indiqué aux médias, Boualem Sansal partira avec, sous le bras, l’à-valoir versé par Vincent Bolloré pour éditer son prochain livre chez Grasset. Maison quittée récemment par son directeur général, Olivier Nora, congédié par son propriétaire, sur fond de désaccord sur la date de publication de ce livre. Dans une récente enquête, Le Monde mentionne le chiffre astronomique d’un million d’euros.
Contre ce billet, l’auteur a donc accepté de quitter sa maison historique, Gallimard, pour rejoindre l’arche du milliardaire d’extrême droite. Vexé, toujours selon ce quotidien, d’une question d’Antoine Gallimard sur sa date de départ de l’appartement qu’il lui prêtait temporairement et gracieusement dans le 7e arrondissement de Paris depuis son retour en France. Ingratitude, ego boursouflé. La signature d’un grand.
https://www.humanite.fr/politique/boualem-sansal/cest-pire-que-la-dictature-en-algerie-pourquoi-boualem-sansal-quitte-la-france
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