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Date : 18-12-2025 20:11:29
Affaire GDF Suez : Rachida Dati visée par une enquête pour « corruption », ses domiciles, son ministère et sa mairie d'arrondissement perquisitionnés
Les domiciles parisiens de la ministre de la Culture, Rachida Dati, ainsi que la mairie du 7e arrondissement de Paris et le ministère de la Culture, ont été perquisitionnés par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Les enquêteurs ont mené ces opérations, selon les révélations de « Complément d’enquête » et du Nouvel Obs, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 14 octobre dernier par le Parquet national financier (PNF) sur l’affaire GDF-Suez.
La rédaction
Publié le 18 décembre 2025
La ministre de la Culture est rattrapée par une nouvelle enquête judiciaire. Après Renault et l’affaire Carlos Ghosn pour laquelle elle est renvoyée en correctionnelle pour corruption et trafic d’influence, ce sont ses liens avec GDF Suez qui sont cette fois en cause.
Rachida Dati est soupçonnée d’avoir reçu des rétributions de l’entreprise, entre 2010 et 2011, alors qu’elle était députée européenne et multipliait les prises de position favorable à l’industrie pétro-gazière. L’intéressé a toujours nié ces agissements jusqu’à mettre virulemment en cause le journaliste Patrick Cohen qui l’interrogeait au sujet de ce lobbying présumé.
Mais, ce jeudi 18 décembre, ses domiciles parisiens ont été perquisitionnés par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). De même pour la mairie du 7e arrondissement de Paris, dont Rachida Dati est maire, et le ministère de la Culture.
La justice enquête sur les liens troubles entre Dati et un fonds londonien
Les enquêteurs ont mené ces opérations, selon les révélations de « Complément d’enquête » et du Nouvel Obs, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 14 octobre dernier par le Parquet national financier (PNF) pour « corruption active et passive », « trafic d’influence auprès d’une organisation internationale publique », « abus de bien social et abus de confiance », « détournement de fonds publics par une personne investie d’un mandat public » et « recel et blanchiment » de ces délits. Rien de moins.
Ce sont déjà des documents révélés par le Complément d’enquête diffusé le jeudi 5 juin dernier sur France 2, et Le Nouvel Obs qui avaient mis au jour ce possible conflit d’intérêts. Provenant de la comptabilité d’un cabinet d’avocats liquidé en 2019, ils font apparaître l’encaissement de deux virements de 149 500 euros chacun provenant de GDF Suez et datés de juillet 2010 et février 2011.
À chaque fois, quelques semaines après ces opérations, ces mêmes sommes – au total 299 000 euros – ont été décaissées par le cabinet au profit de Rachida Dati, alors députée européenne remarquée pour ses prises de position en faveur du secteur du gaz, avec la mention « Dati honoraires GDF Suez », selon les informations dévoilées.
En novembre dernier, c’est un projet de procès-verbal d’un conseil d’administration du groupe gazier, tenu le 24 septembre, également révélé par le Nouvel Obs et l’équipe derrière l’émission Complément d’enquête, qui accréditait la thèse. Selon le document, le Comité pour l’Éthique, l’Environnement et le Développement durable (CEDD) d’Engie (le nouveau nom de GDF Suez) a rendu les conclusions de son enquête interne : la comptabilité de l’entreprise porte la trace de virements effectués, en 2010 et 2011, à STC Partners un cabinet d’avocats parisiens. Cabinet dont faisait partie Rachida Dati.
Les magistrats du PNF, selon les informations de Franceinfo, s’intéresseraient aussi de près au lien de la ministre avec Nicolas Sarkis, un homme d’affaires à la tête d’un fonds d’investissement spécialisé dans le secteur énergétique et basé à Londres, dont elle a reconnu avoir été l’avocate. Mais ils soupçonnent aussi des missions menées pour le compte du Qatar dans le cadre de son mandat européen.
https://www.humanite.fr/politique/corruption/affaire-gdf-suez-rachida-dati-visee-par-une-enquete-pour-corruption-ses-domiciles-perquisitionnes
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