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Date : 20-01-2026 21:01:57
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19/01/2026
MERCOSUR, CETA : l’arnaque “providure”
Pour BAM!, Corinne Lalo[1] dévoile les mécanismes de « l'entourloupe » des traités de libre-échange signés par l’UE.
En mettant en regard le traité signé avec le Canada (CETA) en 2016 et celui signé avec le Mercosur (EMPA/iTA) en 2026, elle révèle un véritable coup de force anti‑démocratique! Un provisoire qui dure, le « providure ».
Le 17 janvier 2026 restera comme le jour noir où fut prononcé l’arrêt de mort de l’art de vivre à la Française. Ursula von der Leyen a en effet signé, au nom de l’Union européenne, le traité de libre-échange du Mercosur avec quatre pays d’Amérique latine, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay.
Avec le Traité-Mercosur, les eurocrates nous refont le coup du CETA. Il faut savoir qu’en toute discrétion, ce traité de libre-échange avec le Canada est appliqué depuis 9 ans à tous les pays de l’UE, alors que les parlements de 10 pays ne l’ont toujours pas ratifié[2].
Cela s’appelle du provisoire qui dure ou, comme disent nos amis Suisses, du « providure ».
Le scénario antidémocratique du Traité-Mercosur est sensiblement le même que celui du CETA. Voici les différentes étapes qui instaurent ce « providure » :
Étape 1
Mandat de négociation pour un texte
Étape 2
La Commission conclut un accord avec les Parties prenantes
Étape 3
Scission de l’accord en deux textes
Étape 4
Feu vert de signature du Conseil à la Commission
Ce droit de signature donné à la Commission est assorti d’une autorisation d’application provisoire.
Étape 5
Signature de l’accord par la présidence de la Commission
Étape 6
Vote de consentement du Parlement européen, pour entériner l’accord avec application provisoire de la partie commerciale
Étape 7
Entrée en vigueur de l’accord de façon provisoire
Étape 8
Vote de tous les Parlements nationaux pour application permanente et non plus provisoire
Coup de force antidémocratique
On peut noter au passage que l’Union européenne n’en est pas à un coup de force antidémocratique près. En effet, alors que sur son propre site, le Conseil indique que le Parlement européen se prononce avant la ratification de l’accord par les pays partenaires, avec le Mercosur, ce sera après la signature[7] ! C’est dire la considération dont jouit ce pseudo‑Parlement qui n’a même pas l’initiative des lois. Ce privilège est en effet réservé à la seule Commission, composée d’eurocrates non élus.
Qu’on ne s’inquiète pas pour l’avenir d’Ursula von der Leyen. Une fois qu’elle aura signé le Mercosur, elle pourra se recaser dans la finance internationale comme son prédécesseur Manuel Barroso qui avait signé le CETA. Celui‑ci était parti directement « pantoufler » chez Goldman Sachs puis avait pris la tête du Gavi, un partenariat Public Privé, fondé par Bill Gates à Davos. C’est justement le Gavi (l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation) que l’on a retrouvé au cœur de la gestion catastrophique et scandaleuse du Covid.
Corinne Lalo pour BAM!.
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