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Ressources pétrolières et interventions militaires : la carte du « capitalisme extractiviste » des États-Unis
Pour ce premier épisode de l’année 2026, la cartographe Nicolas Lambert nous propose, suite à l’enlèvement par les États-Unis du président du Venezuela, Nicolás Maduro, de nous intéresser à la problématique du capitalisme extractiviste. Sa carte, croisant les ressources pétrolières et les interventions militaires des États‑Unis, illustre très clairement le calcul stratégique : s’emparer des richesses pour nourrir les appétits économiques des puissances dominantes.
Publié le 6 janvier 2026
Nicolas Lambert
Dans la nuit du 3 janvier 2026, les forces armées des États‑Unis ont lancé une opération militaire d’envergure au Venezuela, baptisée « Absolute Resolve ». Vers 2 heures du matin, des frappes aériennes ont touché des sites autour de Caracas, suivies du déploiement de forces spéciales qui ont kidnappé le président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores dans leur résidence.
Quelques heures plus tard, l’administration américaine a annoncé avoir exfiltré le couple hors du pays pour les transférer vers les États‑Unis, où ils doivent être jugés pour divers chefs d’accusation, notamment de « narcoterrorisme » selon les autorités américaines. Des dizaines de militaires et de civils vénézuéliens, ainsi que des conseillers cubains, ont été tués ou blessés lors de l’assaut.
La logique d’un impérialisme direct et violent
Cette action constitue une violation flagrante du droit international et de la souveraineté du peuple vénézuélien. Une telle opération, menée sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, s’apparente à un coup d’État et à un enlèvement politique, comme l’ont dénoncé de nombreux acteurs progressistes à travers le monde.
Les raisons d’une telle action ne sont pas seulement politiques. Le pétrole est l’éléphant au milieu de la pièce. Le Venezuela détient les plus grandes réserves de pétrole au monde, concentrées notamment dans le bassin de l’Orénoque, ce qui fait du pays un enjeu stratégique majeur sur l’échiquier mondial.
Donald Trump ne s’en cache d’ailleurs pas : lors d’une conférence de presse, il a annoncé son intention d’exploiter le pétrole vénézuélien, révélant que derrière le vernis diplomatique et les discours sur la démocratie ou la lutte contre le trafic de drogues se cachent des ambitions économiques brutales.
Dès janvier 2013, il déclarait d’ailleurs à propos de l’Irak : « I still can’t believe we left Iraq without the oil » (Je n’arrive toujours pas à croire que nous ayons quitté l’Irak sans le pétrole). Soulignant ainsi que les ressources énergétiques dictent sa vision de la politique étrangère.
La carte croisant les ressources pétrolières et les interventions militaires des États‑Unis illustre très clairement ces intérêts, montrant que derrière chaque opération militaire se dessine le même calcul stratégique : s’emparer des richesses pour nourrir les appétits économiques des puissances dominantes. L’opération « Absolute Resolve » s’inscrit dans la logique d’un impérialisme direct et violent, bien connu, où le capitalisme extractiviste dicte la politique étrangère des États‑Unis.
Il est urgent de dénoncer ces logiques impérialistes qui reposent sur la force et la contrainte. Le soutien implicite du président Macron à cette action violente illustre malheureusement l’alignement de la France sur un monde où la puissance l’emporte sur le droit, et où l’on s’approprie par la force des ressources qui appartiennent à d’autres.
Ce monde, fondé sur la domination et la démonstration de force, est profondément viriliste et autoritaire, valorisant l’agression plutôt que la justice et la solidarité. Nous refusons cette vision du monde.
https://www.humanite.fr/en-debat/donald-trump/venezuela-le-capitalisme-extractiviste-des-etats-unis-en-carte
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