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Date : 19-04-2026 10:24:58
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16/04/2026
Aides à l'électrique : Pierre Chasseray dénonce le grand braquage des automobilistes modestes
Le gouvernement enfonce la pédale d'accélérateur sur le tout-électrique, mais oublie ceux qui n'ont plus les moyens de faire le plein. Invité à réagir sur les ondes, Pierre Chasseray vient de mettre les pieds dans le plat avec un constat au vitriol.
Sébastien Lecornu a sorti sa feuille de route printanière pour sevrer la France de son addiction aux hydrocarbures. Son plan d'action déroule le tapis rouge aux véhicules à batterie grâce à de nouvelles aides gouvernementales. L'exécutif dessine un avenir décarboné, propre et silencieux, en balayant d'un revers de manche les préoccupations immédiates des Français.
Un remède hors sujet face à la fièvre des prix
Pierre Chasseray n'a pas mâché ses mots au micro d'Europe 1. Le délégué général de 40 millions d'automobilistes pointe du doigt une déconnexion totale entre les hautes sphères de l'État et le bitume. Parler de bornes de recharge et de voitures électriques quand des millions de citoyens n'arrivent même plus à boucler leur fin de mois à cause des prix du sans-plomb relève de la provocation. Les automobilistes ont besoin d'oxygène maintenant, tout de suite. La politique gouvernementale ressemble presque à un médecin qui prescrirait des vitamines pour l'année prochaine à un patient en train de faire un arrêt cardiaque.
Personne ne nie l'urgence climatique ni la nécessité de réduire notre dépendance aux pays producteurs de pétrole. La méthode employée braque cependant les automobilistes qui se sentent tout bonnement méprisés. Le leasing social et les subventions gonflées à bloc pour les modèles zéro émission font joli sur les supports de communication. Mais ces mesures occultent volontairement la réalité d'un parc automobile majoritairement thermique. Mettre la charrue avant les bœufs ne soulagera pas le portefeuille de l'infirmière ou de l'ouvrier obligés de prendre leur modèle diesel pour aller bosser à cinq heures du matin. Le plan Lecornu regarde loin devant, ignorant superbement le mur que se prennent les usagers de la route au quotidien.
Un braquage fiscal au nom de l'écologie
Au-delà du calendrier désastreux, c'est l'essence même du système d'aides qui fait bondir le porte-parole. Acheter un SUV électrique dernier cri demande une assise financière confortable, même avec un gros chèque de l'État en guise d'encouragement. Ces modèles restent foncièrement des produits de luxe réservés à une minorité aisée, capable d'absorber le ticket d'entrée exorbitant. Chasseray appuie là où ça fait mal et explique que ce fameux bonus écologique ne tombe pas du ciel. Il est directement pompé dans les poches de la collectivité. Le mécanisme prend la forme d'une redistribution à l'envers. Les taxes prélevées sur chaque litre de carburant servent en partie à financer la prime de ceux qui ont les moyens de s'offrir un véhicule branché. Le conducteur précaire, prisonnier de son vieux moteur à combustion, passe à la caisse tous les jours pour sponsoriser la conscience verte des beaux quartiers. Cette fracture sociale devient insoutenable.
Les constructeurs automobiles se frottent les mains devant ces incitations qui soutiennent les ventes de leurs modèles premium. Pendant ce temps, le marché de l'occasion, seul véritable vivier accessible à la majorité, subit une pression sans précédent. Exiger des efforts financiers toujours plus intenses de la part des ménages étranglés pour subventionner une poignée de privilégiés détruit le principe d'équité. La transition énergétique mute en une machine à créer des perdants, où la classe moyenne endosse le costume du dindon de la farce.
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