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Date : 07-06-2026 21:02:50
Le sentiment d'appartenance à la nation.
« À ceux qui me demandent d’où je viens, j’explique donc patiemment que je suis né au Liban, que j’y ai vécu jusqu’à l’âge de vingt-sept ans,
que l’arabe est ma langue maternelle, que c’est d’abord en traduction arabe que j'ai découvert Dumas et Dickens et " Les voyages de Gulliver ", et que c'est dans mon village de la montagne, le village de mes ancêtres, que j'ai connu mes premières joies d'enfant et entendu certaines histoires dont j'allais m'inspirer plus tard dans mes romans.
Comment pourrais-je l’oublier? Comment pourrais-je m'en détacher ?
Mais d’un autre côté, je vis depuis vingt-deux ans sur la terre de France, je bois son eau et son bon vin, mes mains caressent chaque jour ses vieilles pierres, j'écris mes livres dans sa langue, jamais plus elle ne sera pour moi une terre étrangère.
Moitié français, donc et moitié libanais ?
Pas du tout! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit
ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées.
Je n’ai pas plusieurs identités, j’en ai une seule faite de tous les éléments
qui l’ont façonnée, selon un "dosage" particulier qui n'est jamais le même d'une personne à l'autre. »
Amin Maalouf, 1998.
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