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Date : 29-10-2025 19:16:57
« Mains rouges » sur le Mémorial de la Shoah : ce qu'il faut savoir du procès de quatre Bulgares qui s'ouvre ce mercredi« Mains rouges » sur le Mémorial de la Shoah : ce qu'il faut savoir du procès de quatre Bulgares qui s'ouvre ce mercredi
Quatre bulgares, dont un toujours en fuite, seront jugés à partir de ce mercredi 29 octobre à Paris pour avoir tagué en mai 2024 des mains rouges sur le Mémorial de la Shoah et sur des murs dans les IVe et Ve arrondissements de la capitale. Des soupçons d’ingérence russe sont au cœur du procès.
Publié le 29 octobre 2025
Milla Daubert
Extrait :
Pour le parquet, c’est une « action de déstabilisation de la France orchestrée par les services de renseignement russe ». « Une affaire essentiellement politique », pour la défense. Le procès s’est ouvert ce mercredi 29 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris contre quatre bulgares, accusés d’avoir tagué des mains rouges sur le mur des Justes du Mémorial de la Shoah, dans la nuit du 13 au 14 mai 2024. Des dizaines de tags similaires avaient également été découverts sur des murs dans les IVe et Ve arrondissements de la capitale.
Trois prévenus, dont un en fuite qui sera quand même jugé, répondront de dégradations en réunion et en raison de la prétendue appartenance à une race, ethnie ou religion, ainsi que pour association de malfaiteurs. Le quatrième le sera pour complicité de dégradations aggravées et pour association de malfaiteurs. Ils encourent tous sept ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
Une possible ingérence russe
Dans la nuit du 13 au 14 mai 2024, 35 tags représentant des mains rouges, – « un symbole pouvant être lié au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en Cisjordanie en 2000 pendant la seconde intifada », selon le parquet -, ont été peints par quatre personnes.
Pour la procureure de Paris, Laure Beccuau, l’affaire fait partie d’une série de tentatives de déstabilisation visant à « semer le trouble » et « créer des fractures » dans la population française. Une grande partie du procès consistera donc à déterminer les motifs des quatre accusés, alors qu’une ingérence russe est la piste privilégiée.
Pour le parquet, cette action s’intégrait dans « une stratégie plus large visant à diffuser de fausses informations et également à diviser l’opinion française ou attiser les tensions internes en faisant appel à des « proxies », c’est-à-dire des personnes qui ne travaillent pas pour ces services mais sont rémunérées par eux pour des tâches ponctuelles par le biais d’intermédiaires, notamment dans des pays voisins de la Russie ».
Si l’un des prévenus, Georgi Filipov, a affirmé, cet été, avoir agi sous l’effet de l’alcool, écartant tout motif religieux, les trois hommes mis en cause gravitent « dans les cercles d’extrême droite » selon les autorités bulgares.
Le service Viginum, chargé de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, avait également observé « une instrumentalisation » de cette affaire sur X « par des acteurs liés à la Russie », par le biais de plusieurs milliers de comptes inauthentiques.
Le dossier rappelle d’autres affaires récentes où une ingérence russe serait en cause : les étoiles de David découvertes en novembre 2023 à Paris, les cercueils déposés au pied de la tour Eiffel couverts du drapeau français et portant la mention « soldats français de l’Ukraine » en juin 2024 ou plus récemment, en septembre, les têtes de cochon déposées devant plusieurs mosquées d’Île-de-France.
https://www.humanite.fr/societe/antisemitisme/mains-rouges-sur-le-memorial-de-la-shoah-ce-quil-faut-savoir-du-proces-de-quatre-bulgares-qui-souvre-ce-mercredi
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