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Date : 26-03-2026 21:46:44
« C’est bon ça, la pêche aux bicots » : une policière de la Bac de Nice porte plainte pour harcèlement et discrimination, l’IGPN saisie
Une enquête a été ouverte par le parquet de Nice, après le dépôt de plainte d’une policière d’origine maghrébine. C’est ce que révèlent nos confrères de StreetPress.
La rédaction
CRÉÉ LE 25 mars 2026
Extraits :
Une policière affectée à la brigade anti-criminalité (BAC) de Nice a déposé plainte le 5 février dernier auprès du tribunal judiciaire de Nice. C’est ce que révèlent nos confrères de StreetPress dans une enquête en deux volets.
Les faits dénoncés sont graves : « harcèlement moral, discrimination, violences volontaires sur mineur, faux en écriture publique et usage de faux, atteinte à la liberté individuelle, menaces, abus d’autorité et violation de domicile par personne dépositaire de l’autorité publique ».
La plaignante, identifiée dans l’enquête sous le prénom de Chaïma, est brigadière-cheffe originaire de la région lilloise. StreetPress relate son parcours. Elle a rejoint en septembre 2024 le groupe « Jour B » ou « JB », l’un des quatre groupes de la BAC niçoise, où elle était la seule fonctionnaire d’origine maghrébine. Une semaine avant son arrivée, son futur chef de groupe l’aurait contactée par téléphone pour l’interroger sur sa religion et ses pratiques : port du voile, prière, ramadan. Le mari de la policière, lui aussi en poste à Nice, aurait reçu le même type d’appel le même jour, ce qu’il a confirmé au media par l’intermédiaire de son avocat.
Au sein de la BAC « JB », Chaïma, seule agent d’origine maghrébine dans un groupe de douze, aurait été confrontée dès son arrivée à un climat ouvertement raciste.
Selon sa plainte consultée par StreetPress, certains collègues désignaient couramment les personnes arabes par des insultes et répétaient « coupable, coupable » lors de contrôles de personnes racisées.
Quelques mois plus tôt, à Tourcoing, un supérieur s’était déjà, selon StreetPress, moqué de son prénom à consonance arabe dès sa première nuit de service. À Nice, les choses auraient empiré : surveillance constante, interdiction de parler arabe avec les victimes, congés de Noël refusés au motif qu’elle « n’est pas catholique ». Le Facebook de son chef contiendrait nombre de publications à caractère raciste, du type « Ici c’est la France, c’est pas le Bled. » Depuis le 29 juillet 2025, la fonctionnaire de 38 ans est en arrêt de travail pour syndrome de stress post-traumatique.
La policière dénonce également des violences commises par des collègues sur un mineur lors d’une interpellation aux Moulins, en juin 2025. Un adolescent algérien de 16 ans, interpellé pour trafic de stupéfiants, aurait été frappé au sol sans résistance de sa part. Chaïma se serait interposée pour mettre fin aux coups. En interne, une enquête administrative aurait été diligentée.
Selon les informations de StreetPress, l’enquête aurait reconnu l’existence de propos discriminatoires et conduit au départ du chef de groupe en mars 2025. Mais aucune sanction disciplinaire n’aurait été prononcée à son encontre. Depuis, ce dernier est, selon le media, devenu délégué départemental du syndicat Unité-SGP et « a été décoré quatre mois après sa nomination à ce poste, en présence du préfet ». « Comme c’est le cas dans la plupart des affaires où des policiers dénoncent les actes illégaux au sein de la police, la hiérarchie tente de les faire taire en les marginalisant et en les sanctionnant », déclare Maître Arié Alimi, avocat de la plaignante, cité par StreetPress.
Pour ce dernier, cette affaire révèle que « le processus d’impunité et de harcèlement des policiers qui dénoncent, se fait en lien entre la hiérarchie policière, le ministère public et les syndicats de police ».
Ni la Direction générale de la police nationale, ni les agents mis en cause, ni leurs responsables hiérarchiques n’ont répondu aux sollicitations du média. Actuellement en arrêt maladie, Chaïma n’a pas souhaité s’exprimer publiquement indique StreetPress. L’affaire est désormais entre les mains du parquet et de l’IGPN.
https://www.nicematin.com/faits-divers/c-est-bon-ca-la-peche-aux-bicots-une-policiere-de-la-bac-de-nice-porte-plainte-pour-harcelement-et-discrimination-l-igpn-saisie-10674255?utm_content=link&utm_term=Page.NiceMatin&utm_campaign=facebook&utm_source=nonli&utm_medium=Social%20media
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