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Date : 25-04-2026 20:09:36
C'est une analyse de Houria Bouteldja.
Je cite un autre passage :
[ Le documentaire consacre à peine quelques minutes à ce qui se passe depuis le 7 octobre 2023, à l’extermination de Gaza.
Il parle de « guerre », de « conflit israélo-palestinien », évoque un « risque de génocide », comme si la Cour internationale de justice n’avait pas déjà tranché, comme si les images n’existaient pas, comme si « risque » était encore le mot juste quand des enfants meurent par milliers sous les bombes.
« La France a reconnu l’État de Palestine ». Arrêtons-nous là. La France - qui a fourni des armes.
La France - qui a criminalisé ses militants pro-palestiniens sur son propre territoire.
La France - dont certains parlementaires préparent une nouvelle loi pour restreindre davantage toute expression de solidarité envers la Palestine.
Cette France-là se voit offrir, dans le dernier plan d’un documentaire financé par ses propres institutions, le rôle du témoin bienveillant, de celle qui, finalement, a reconnu. C’est une opération d’absolution.
Archiver l’injustice, c’est aussi la figer. Il y a cette phrase prononcée vers la fin : « Cette histoire ne pourra jamais être oubliée », qui ressemble à une phrase de mémorial.
On dit ça pour ce qui est terminé, clos, inscrit dans le marbre. Mais Gaza brûle encore aujourd’hui. La Cisjordanie est colonisée encore aujourd’hui.
Des familles sont expulsées encore aujourd’hui.
Mettre en récit au passé ce qui se passe au présent est une opération politique, même si elle est involontaire. Raconter l’histoire de la Palestine en terminant sur « la Palestine n’existe plus », revient à entériner l’effacement qu’on prétendait dénoncer.
Le documentaire pose la question : « De quoi la Palestine est-elle le nom? » Et y répond : d’une tragédie historique. Pas d’une injustice en cours qui appelle des actes.
La reconnaissance sans transformation. Voilà ce que ce documentaire produit, dans les conditions où il existe : de la reconnaissance symbolique. Le téléspectateur peut regarder, être bouleversé, se sentir informé, et ne rien changer à ses pratiques politiques, à ses votes, à ses silences. C’est ainsi qu’on intègre la contestation dans des formes acceptables pour mieux la désamorcer.
On ne criminalise pas ce documentaire, on le finance, parce qu’il ne menace rien. La reconnaissance véritable, elle, aurait des conséquences : elle modifierait les lois, stopperait les ventes d’armes et protégerait ceux qui manifestent dans la rue plutôt que de les poursuivre. ]
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