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(Bonnes fêtes à toutes et à tous)




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Bonnes fêtes à toutes et à tous
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First Name : Jean
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Status : Unknown
Birthday : 26 June 1952 (67 )
Area : Aix-en-Provence

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A few words

 

 

Je quittais Sandro, l'orage se faisait menaçant et bien sûr ici personne n'avait eu encore l'idée d'inventer le parapluie. Je savais ces orages terribles capables d'allumer les bottes de foin alors que les éclairs fusent déjà et que la pluie se fait attendre.

 

 

 

J'imaginais déjà Sandro , goûtant un rosé de Provence appellation Sainte Victoire, remuant et mâchonnant dans sa bouche l'insipide nectar à ses yeux, hésitant entre devoir l'avaler et trouver le moment propice pour pouvoir le cracher. Je m'attardais quelques instants sur les bords de l'Arno pour voir s'il y avait des poissons dans l'eau grisâtre et peu engageante, mais très vite de très grosses gouttes vinrent troubler la surface de l'eau. Je décidais de reporter à un jour plus propice cette observation quasi stratégique des poissons dans l'Arno qui aurait mérité, à coup, sûr une publication dans la revue Nature.

 

 

 

Et ne me demandez surtout pas ce que je faisais en Toscane en 1479, je ne vous le dirai pas et, si je vous le disais, vous ne me croiriez pas...

 

 

 

Le lendemain matin j'étais dans l'atelier de Sandro dans la via della Porcellana prêt à écouter sa leçon de peinture. L'atelier était très grand, comme un immense entrepôt agencé autour d'un patio. Une odeur indéfinissable vous saisissait à l'entrée, mais cette odeur n'avait rien à voir avec de la peinture à l'huile ou de la térébenthine. Cette odeur était un doux mélange, de vieux murs empoussiérés, de restes de repas, de graisse animale et de plein d'autres odeurs qui auraient fait fuir un parfumeur de Grasse ; bref il y avait une odeur de vie dans son atelier.

 

 

 

Sandro partageait cet atelier avec Antonio, son frère orfèvre avait qui il avait travaillé quelques temps. Il me présenta Antonio qui était déjà à l’œuvre en me disant qu'il lui devait tout, en tout cas son sens du détail, l'importance du dessin, des lignes et des courbes et des piccole cose. Tu sais, Antonio c'est un vrai frère comme peu ont la chance d'en avoir un. Si je n'avais pas eu de frère c'est lui que j'aurais choisi. C'est souvent vers lui que je me tourne quand j'ai des doutes sur mes peintures ou sur mon talent. La seule chose qui l'agace profondément ce sont ceux qui viennent dans mon atelier et qui l'appellent Antonio Botticelli ...

 

 

 

Le reste de mon talent, je le dois à mon maître Fra Lippi qui m'a appris la transparence et la légèreté. Il m'a appris à suggérer autant qu'à montrer. Il m'a appris à choisir mes pigments, à manier le bleu et à l'aimer. Bref, je lui dois tout dans l'art de la peinture. Mon seul mérite fut d'être un bon élève attentif et studieux pensant à la peinture, rien qu'à la peinture.

 

 

 

Un bon apprenti est avant tout quelqu'un qui regarde, qui pose sans cesse des questions au maître et qui obéit, même pour l'exécution de tâches qui lui semblent les plus inutiles et les plus humiliantes. J'en ai pilé au mortier des pigments qui n'étaient jamais assez fins. J'en ai balayé des ateliers en m'entendant dire que je soulevais trop de poussière. J'en ai donné des coups de pinceaux maladroits ou inutiles dans des fonds de tableaux peu gratifiants.

 

 

 

Il faut en faire des petites choses qui paraissent futiles avant de jouer au peintre officiel, devant un ravissant modèle féminin, en faisant semblant d'hésiter sur une couleur ou sur un trait alors que l'on est sournoisement en train de fantasmer sur une généreuse poitrine.

 

 

 

Tu devrais aller voir ce qu'il a fait à Spoletto, au duomo avec sa coupole bleue, ce plafond habité par des anges, avec Dieu régnant au milieu de cette insoutenable beauté. Tu t'imagines, toi, peignant à dix mètres du sol sur des échafaudages vibrants sous tes moindres mouvements, la tête à 50 centimètres de ce que tu peins, dans une lumière pâle et changeante, avec le soir plus de peinture sur ta tête que sur ta palette ?

 

 

 

Tu comprends maintenant quand Filippino est venu me demander s'il pouvait faire partie de mon atelier, il y a quatre ans, je n'ai pu que l'accueillir à bras ouverts, et Dieu sait que dans mes bras il y a de la place. C'est Fra Lippi que tu aurais dû rencontrer, c'est lui qui était le maître absolu de notre époque, je me sens tout petit à côté de lui, même si je me sens un peu plus épais.

 

 

 

Je l'écoutais à peine car j'étais tenaillé par la faim. Je n'avais pas osé lui demander un cappuccino et deux croissants au beurre en arrivant pour ne pas le perturber. Je mis la bouteille de rosé sur la table. Aux haussements de sourcils de Sandro je compris que ce n'était pas gagné. Heureusement j'avais pris soin de faire disparaître l'étiquette avec la mention vin bio millésime 2017 car je ne me sentais pas d'expliquer tout cela à Sandro, et la leçon de peinture nous attendait.

 

 

 

Sandro m'offrait un genre de biscuit dont le goût étrange ne m'engageait pas à en prendre un second. Je restais sur ma faim.

 

 

 

Tu n'aimes pas mes biscotini ? A vrai dire Sandro je me demande ce que ton boulanger a pu mettre dedans et je doute même qu'il le sache. On était loin des biscuits de la boutique élégante et animée Nanini de Sienne. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour prendre un vrai ristretto, là maintenant, sur la place du campo au bar le palio ! Mais passons, j'avais la chance d'être avec Sandro et Sandro valait bien un ristretto. A vrai dire tes biscotini ont un goût de Medio Evo pas cuits de la veille et je soupçonne ton boulanger de mettre de la graisse de porc dans ses biscuits… Pour la cuisine, je sentais que Sandro et moi nous n'avions pas le même sens de l'esthétique, mais c'était sûrement l'époque qui voulait cela.

 

 

 

Bon et cette leçon de peinture Sandro ? Mais je voyais bien qu'il était encore affairé à finir ses derniers biscotini. Pas étonnant que son tour de taille s'élargissait de plus en plus au point de mériter pour son propriétaire son surnom de Botticelli.

 

 

 

Avalant sa dernière bouchée Sandro m'avoua enfin le but réel de cette journée.

 

 

 

Jean, nous avons souvent discuté de ma dernière peinture, celle que tu penses être la meilleure de toutes celles que j'ai produites. Je pense que tu as raison, c'est la plus belle et je ne me lasse pas de la regarder. Sais-tu que, parfois, j'y découvre des détails qui me surprennent. Tiens, par exemple, je n'avais pas remarqué que j'avais fait comme une auréole autour de la tête de ma Marie Vénus en diminuant la densité du feuillage en arrière plan...

 

 

 

 

Juillet 2018

 

 

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