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Date : 30-09-2026 12:03:52
En voici un autre de copié-collé auquel je souscris
Depuis plusieurs jours, des lycéens se mobilisent contre les classes surchargées, les enseignants non remplacés, les établissements dégradés et le manque de moyens généralisé pour l’école. Pourtant, ce sont surtout les échauffourées et les quelques feux de poubelles qui occupent les écrans. L’objectif est clair, à mesure que la question scolaire disparaît des antennes, le discours sécuritaire prend toute la place.
C’est une véritable stratégie. Car ce qui inquiète vraiment le pouvoir, ce n’est pas qu’un lycée soit bloqué pendant quelques heures. C’est la « contagion ». Qu’un élève de Montauban, de Grenoble ou de Saint-Brieuc finisse par reconnaître sa propre situation dans celle du lycéen de Saint-Denis ou de Villejuif.
Même manque de moyens, mêmes classes saturées, même impression que l’école publique recule un peu plus chaque année. À partir de là, il devient aussi difficile de faire revenir les lycéens en cours que de remettre du dentifrice dans son tube.
Le moyen le plus efficace pour éviter l’élargissement de la contestation consiste alors à l’enfermer dans une catégorie bien identifiée : celle du « problème des jeunes de banlieues » en appuyant fort sur l’aspect jeunesse issue de l’immigration. Dans cette bataille du récit, les médias de droite et d’extrême droite occupent une place centrale. Le traitement réservé à certaines affaires est, à cet égard, révélateur.
Lorsque Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, va à la rencontre des lycéens de sa ville, ceux par qui tout a commencé, l’emballement est immédiat. Pendant des heures, les plateaux commentent, et l’accusent non de soutenir les lycéens, mais d’encourager le désordre et la violence quand ce n’est pas de la provoquer lui-même.
À l’inverse, lorsque Mediapart, organe de presse reconnue, publie une enquête mettant en cause Jordan Bardella pour des propos antisémites tenus dans sa jeunesse, le registre change. Ceux qui accusaient sur la base d’images tronquées, invoquent le complot pour une enquête journalistique rigoureuse.
L’objectif visé, est qu’à force de présenter les quartiers populaires et leurs habitants comme un « problème particulier », presque étranger au reste du pays, s’incruste l’idée que les habitants des petites villes, des zones rurales et ceux des banlieues n’auraient rien en commun. Pourtant, leurs préoccupations se rejoignent : accès aux services publics, recul des infrastructures, appauvrissement.
La nervosité du pouvoir et des médias de droite peut se comprendre : les mobilisations de la jeunesse ont toujours été les détonateurs des grandes transformations sociales en France. La jeunesse possède une force d’entraînement unique : elle rallie les parents, mobilise les enseignants et crée une jonction redoutée par les gouvernements, surtout quand en toile de fond existe une sourde colère sociale. Quand les lycées se bloquent, c’est le signal que la société dans son ensemble risque de basculer.
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